• Soutenances,

Soutenance : Chevauchement symptomatologique et treconnaissance des émotions : approche cross-syndromique

Publié le 24 mai 2018 Mis à jour le 18 septembre 2019
le 6 avril 2018
Maison de la recherche et de la valorisation 118 route de Narbonne 31062 Toulouse Cedex 9
Salle Couloir A -AR002

Thèse de Thana Benkessas - Mme ROGÉ Bernadette ( Professeur Emérite Université Toulouse - Jean Jaurès Directeur de thèse - Mme KRUCK Jeanne ( Maître de Conférences Université Toulouse Jean Jaurès CoDirecteur de thèse - M. ADRIEN Jean Louis ( Professeur Emérite Université Paris Descartes - Sorbonne Paris Cité - Rapporteur - M. BRUN Philippe ( Professeur Université de Rouen Normandie - Rapporteur

La présente étude se déroule dans un cadre d’actualité puisqu’avec la parution du DSM 5, une nouvelle catégorie, celle des Troubles Neurodéveloppementaux a fait son apparition (APA, 2013). C’est dans cette catégorie que sont rangés le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H) et le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA). Le TDAH est un trouble qui se manifeste par des symptômes d’inattention, des difficultés d’autocontrôle, de l’hyperactivité et de l’impulsivité. Le TSA quant a lui, a des répercussions au niveau de la communication, des interactions sociales ainsi qu’au niveau des comportements et intérêts (APA, 2013). De plus en plus d’études cherchent à évaluer les similitudes entre des populations d’enfants et d’adultes TDAH et TSA. Nous avons centré nos recherches sur la communication sociale ainsi que sur la reconnaissance des émotions.
Concernant la communication sociale, plusieurs études ont montré que les enfants TDAH ont un niveau plus faible en communication sociale en comparaison à des enfants au développement typique (Clark et al., 2002 ; Stein et al., 1995). D’autres ont même mis en évidence que les enfants TDAH ont un plus faible niveau de communication que les enfants porteurs de TSA (Happé et al., 2006, Ashwood et al., 2015). Certaines ont comparé des groupes d’enfants avec TDAH et d’enfants typiques (Pourcain et al., 2011 ; Cooper et al., 2014 ; Schwenck et Freitag, 2014) ; d’autres ont mesuré la communication sociale chez des enfants avec un TSA (Klin, 2007 ; Bölte, 2008) mais peu ont mesuré les scores chez des enfants avec TSA en comparant avec un groupe d’enfants avec un TSA et un TDAH.
Pour la reconnaissance des émotions, les résultats divergent. Concernant les enfants avec un TSA, certaines ont montré des déficits globaux généralisés à toutes les émotions (Balconi, Amenta, et Ferrari, 2012 ; Lindner et Rosen, 2006 ; Rump et al., 2009) ; d’autres des déficits spécifiques à une émotion (colère : Wright et al., 2008 ; Bal et al., 2010 ; surprise : Baron-Cohen, Spitz et Cross, 1993 ; Jones et al., 2011) ou d’autres encore une absence de déficits (Castelli, 2005 ; Rosset et al., 2008). Concernant les enfants TDAH, là encore les résultats obtenus n’obtiennent pas de consensus mais les émotions négatives seraient touchées plus particulièrement (Pelc et al., 2006 ; Boakes et al., 2008 ; Aspan et al.,2014). Enfin, concernant les enfants avec le double diagnostic, un déficit plus sévère dans la reconnaissance des émotions en comparaison des deux autres groupes est noté. Enfin la question de la latéralisation hémisphérique est abordée dans cette thèse. Plusieurs hypothèses ont été développées (Watling, Workman et Bourne, 2012). La première, l’hypothèse de l’hémisphère droit postule que l’hémisphère droit joue un rôle prépondérant dans le traitement de toutes les émotions. La seconde est l’hypothèse de la valence émotionnelle où les émotions positives seraient traitées par l’hémisphère gauche et les émotions positives par l’hémisphère droit. Pour des groupes d’individus typiques, la première est la plus développée autant chez les adules (Bourne, 2010 ; Kucharka-Pietura et David, 2003 ; Nakamura et al., 1999) que chez les enfants (Aljuhanay, Milne, Burt et Pascalis, 2010 ; Bava, Ballantyne, May et Trauner, 2005 ; Faila, Sheppard et Bradshow, 2003 ; Workman, Chilvers, Yeomans et Taylor, 2006). Concernant les individus avec un TSA, une absence de biais du champ visuel gauche est mis en évidence (Ashwin et al., 2005 ; Taylor et al., 2011) mais peu d’étude évaluent la latéralisation et ceci sans forcément prendre en compte de l’ensemble des 6 émotions de base (Ekman, 1992). Enfin, aucune étude évaluant cette dimension et ce, pour les six émotions de base n’a été réalisée pour les enfants avec un TDAH.
Le but ici est donc d’évaluer la communication sociale, la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles ainsi que la latéralisation hémisphériques chez des enfants TSA, TDAH, avec un double diagnostic et typiques. C’est la première étude recensée qui évaluent dans une même recherche ces trois modalités en traitant les six émotions de base.